Category: Cinéma

01 sept

A cat on a hot tin roof

Cinéma, Inspirations No Comments by lesbiscuitsdalice

Il y a peu, le cinéma indépendant strasbourgeois où j’ai mes habitudes a diffusé une rétrospective Paul Newman. Ce fut l’occasion de retourner voir un vieux film enfoncée dans un fauteuil rouge, comme je l’avais fait l’an passé avec Godard – j’y reviendrai. J’avais dévoré les pièces de Tennessee Williams à l’époque où je faisais des études littéraires anglophones, et c’est donc avec grand plaisir que je suis allée visionner A Cat on a Hot Tin Roof (adaptation cinématographique de la pièce de théâtre de T. Williams – 1958, Richard Brooks).

Paul Newman & Elisabeth Taylor y jouent Brick & Maggie, un couple bancal, dont l’équilibre se trouve quelque part entre le désir et le reproche. Ils évoluent dans la contrée du non-dit, transmise en héritage par la grande famille de Brick. Toute l’intrigue se déroule dans une grande maison aux parois aussi fines que la plus habile des manipulations. On y entend des mensonges, et les cris plaintifs de Maggie y résonnent comme ceux d’une chatte sur un toit brûlant.

Maggie. You know what I feel like? I feel all the time like a cat on a hot tin roof.
Brick. Then jump off the roof, Maggie. Jump off it. Cats jump off roofs and land uninjured. Do it. Jump.
Maggie. Jump where? Into what?

Acharnée, la belle Maggie se bat pour deux. Sauver son couple, sauver sa peau, sauver les apparences. Brick, lui, en remuant des souvenirs douloureux, et se brise une jambe au lieu de panser ses blessures. Il repousse Maggie d’une ivre froideur, et choisit de poser ses lèvres sur un verre de whisky plutôt que d’embrasser la belle.

Brick. What is the victory of a cat on a hot tin roof?
Maggie. Just staying on it I guess, long as she can…

Et elle y reste, Maggie, sur ce toit brûlant où se joue un drame familial. Une course à l’héritage s’installe à l’annonce de la maladie mortelle du père de Brick. Alors que son frère court après l’argent, Brick est à la recherche de réponses qu’il obtient dans une scène à l’émotion remplie de souvenirs, suggérant au jeune homme de s’en créer de nouveaux.

Maggie. Thank you for keeping still, for backing me up in my lie.
Brick. Maggie, we’re through with lies and liars in this house. Lock the door.

Magie du vieux cinéma sans générique, dans la salle de projection où je me trouve, c’est le noir et le silence total après cette courte phrase : « Ferme la porte à clef ».