29 jan

Ventre(s) au Forum Européen de Bioéthique

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Samedi 4 février à 16h, je vous donne rendez-vous dans la salle de l’Aubette à Strasbourg, pour une lecture associée à mon projet Ventre(s). Le Forum Européen de Bioéthique m’y accueille en ouverture de sa conférence « Droit à l’enfant, droits de l’enfant ». J’y interprète un monologue, celui de Diane, femme supposée infertile puisqu’en échec d’enfantement depuis trois ans. J’ai écrit ce texte avec l’impulsion de paroles de femmes affrontant cette difficulté, que je remercie de tout cœur pour leur confiance.

Je travaille sur ce projet avec deux artistes aux belles énergies : Isabelle Vali, ma consœur d’Artenréel, scénographe qui réalise des vidéos projetées pendant ma lecture, et Jenny Macquart de la Cie Le Théâtre Destinerrant, qui met en scène mes paroles. Créer ensemble est un vrai plaisir tissé de confiance.

Vous trouverez ici la présentation du projet sur le programme du Forum Européen de Bioéthique.

Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente année… La mienne commence chargée. Mes vœux sont « en retard », mais en chemin.

26 déc

Travailler avec un typographe.

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En 2012, je vais partager mon espace de travail avec mon compère Loïc Sander, typographe & dessinateur de caractères. Pour fêter ça, j’ai envie de vous montrer la belle valeur ajoutée que j’obtiens dans mes écrits lorsque le typographe s’en mêle.

Nous avons participé au dernier numéro de la revue Capharnaüm, avec un travail sur la thématique de la « Révolution ». Cet ouvrage étant très graphique, j’ai proposé à Loïc d’inventer une mise en page un peu particulière…

Je profite également de l’occasion pour vous montrer deux petites pièces extraites d’Environ Vendredi que Loïc a également mis en page.

La fonte de caractères utilisée ici a été créée de ses mains, et vous pourrez en savoir plus sur ses travaux en allant sur son site, akallolip.com, qu’il alimente régulièrement.

J’espère que la prochaine année va donner naissance à d’autres projets collectifs, et que je continuerai à entendre joyeusement Loïc siffler du blues en chatouillant sa tablette graphique dès que je butterai sur un mot ou qu’un rythme se sera cassé. Sinon, au pire, ça finira comme ça.

16 déc

La Tempête.

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En ce 16 décembre, la tempête Joachim est venue fêter les Alice.

© Jérome Fouquet

Ce matin au réveil, j’ai repensé à un poème de Raymond Queneau qu’un enseignant en français m’avait fait apprendre par cœur en classe en 5ème. Il s’appelle « Il pleut », et je m’en souviens encore. J’avais développé une méthode pour me souvenir du nombre de mots identiques à répéter. Je devais avoir 12/13 ans et je trouvais ça complètement cruel de me faire faire du calcul en cours de français. Aujourd’hui, j’en ris volontiers.

Averse averse averse averse averse averse
ô pluie ô pluie ô pluie ô pluie ô pluie ô pluie !
gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau
parapluie ô parapluie ô paraverse ô !
paragouttes d’eau paragouttes d’eau de pluie
capuchons pèlerines et imperméables
que la pluie est humide et que l’eau mouille et mouille !
mouille l’eau mouille l’eau mouille l’eau mouille l’eau
et que c’est agréable agréable agréable
d’avoir les pieds mouillés et les cheveux humides
tout humides d’averses et de pluie et de gouttes
d’eau de pluie et d’averse et sans un paragoutte
pour proteger les pieds et les cheveux mouillés
qui ne vont plus friser qui ne vont plus friser
à cause de l’averse à cause de la pluie
à cause de l’averse et des gouttes de pluie
des gouttes d’eau de pluie et des gouttes d’averse
cheveux désarçonnés cheveux sans parapluie

« Il pleut », Raymond Queneau.

19 nov

Ce qu’il se passe.

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Beaucoup de mouvements pour un automne. J’ai profité de cette nuit pour mettre à jour lesbiscuitsdalice, quitte à être hors-saison autant le faire entièrement.

Ventre(s) avance, et le projet s’est étendu. Je travaille actuellement sur une représentation théâtrale. Ma rencontre avec Isabelle Vali, scénographe et inventeuse d’espaces, a élargi mes perspectives. Pour la mise en scène, Jenny Macquart complètera notre triangle. Une amie m’a dit que c’était la structure la plus solide… Je cherche plus que jamais à recueillir des témoignages de femmes souffrant ou ayant souffert au niveau des ventres, qu’importe la raison, et plus particulièrement autour de la thématique de l’infertilité et du désir d’enfant compliqué (puisque c’est la partie sur laquelle je compose très précisément actuellement, pour les besoins du spectacle). N’hésitez pas à me contacter.

— Ouverture d’une page Margot sur lesbiscuitsdalice ! Introduction au roman que je prends un plaisir énorme à écrire. C’est un exercice très différent de ce que je fais d’habitude. Je cours compléter ce fichier-texte dès que le temps me le permet. S’il ne fait pas partie de mes priorités professionnelles, c’est pourtant en lui que je glisse mes plus tendres respirations. Mes temps de pause lui sont réservés . Surprise, autour de Margot, je m’amuse à créer sur différents supports. Je vous présente aujourd’hui une vidéo.

— Un petit écart, ici. Comme certains le savent, une énorme partie de mon temps de travail est consacrée au développement de Foldeer (papertoy géant en forme de tête de cerf murale), pour lequel je suis à la fois gérante et lutin. Avis à tous les amateurs : commander un Foldeer, c’est aussi financer mes temps d’écriture : )

03 nov

De la dernière bande de Beckett au premier album de Krapp…

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Je rafolle des projets-expériences, aussi innovants qu’ils se nourrissent d’un héritage littéraire ingéré et transformé. Alors quand j’ai découvert Krapp, j’ai directement eu envie de vous présenter ce projet. Mais qui est Krapp ? À la base, il s’agit d’un vieux monsieur, né sous la plume de Samuel Beckett dans sa courte pièce La Dernière Bande (1958/1960). Krapp, plus jeune, a enregistré ses pensées, soliloques et solitude. Des dizaines d’années plus tard, il réécoute sa propre histoire, confronté au vide qui l’entoure. Krapp et moi, on se connaît bien. On a passé de longues heures ensemble, lorsque j’étais étudiante : mon projet de fin de D.U. d’Études Théâtrales portait sur l’invention d’une scénographie pour La Dernière Bande. Je pense m’être suffisamment nourrie des silences parlants de Beckett pour en avoir laissé une trace indélébile dans ma façon d’appréhender les miens.

Ce n’est pas directement du personnage inventé par Beckett dont je tenais à vous parler ici, mais du groupe musical Krapp, composé principalement de Kevin Brosse et d’Olga Svobodova. Je vous invite à écouter leur album A Voice on a Cradle, en cliquant ici, qui leur fut inspiré par l’œuvre de Beckett.

 

 

Intriguée, j’ai demandé à Kevin de m’expliquer un peu l’origine et le déroulement de leur démarche. Voici sa réponse :

« À l’origine, le projet Krapp est né d’une envie de ré-exploiter un patrimoine musical. L’idée était de partir de musiques pré-existantes, des musiques qui nous plaisent ou qui nous ont plu et qui ont laissé des choses en nous, qui ont influencé notre approche de la musique, qui ont affiné nos goûts et qui ont forgé notre exigence d’originalité, de spontanéité et de curiosité. Ces musiques rock (pour la plupart d’entre-elles) font parties de nous même si une distance avec le temps a pu s’imposer par la découverte de nouveaux sons, de nouvelles approches musicales. Cette distance permet une relecture. La découverte de Beckett et en particulier de La Dernière Bande m’a profondément marqué car j’ai vu dans la démarche du personnage de Krapp des similitudes avec cette envie de relecture (le fait de réécouter de vieilles bandes qu’il a enregistré par le passé et de les commenter avec tout ce que la vie vécue entre ces points du passé et le présent implique dans le développement de la question de sa propre existence).

Le travail musical dans ce projet s’est donc développé à partir de samples, les bandes en quelques sortes, dont une partie provient de musiques que j’ai écouté et d’autres sur lesquels j’ai travaillé en tant que musicien ou technicien du son. L’avantage des samples, c’est qu’on peut garder ce qu’on veut d’une œuvre préexistante, on peut également coller des bouts de samples entre eux et donner un autre sens à la musique, en modifier la perception. À force d’être traités, triturés dans tous les sens, l’origine de ces bandes devient non identifiable à l’oreille mais elle impose un cadre, une trame pour un nouveau morceau. Une fois ce dispositif d’appropriation effectué, le reste de la composition consiste comme dans toutes musiques à compléter si besoin les procédés mélodico-rythmiques, enrichir les timbres, hiérarchiser les évènements musicaux pour faire sens. Parfois même les samples qui ont permis le démarrage de la composition ont fini par disparaître car ils n’avaient plus lieu d’être.

Concernant les textes, nous étions partis de poèmes de Beckett car ils étaient riches dans leur métrique et dans leur qualité sonore et suffisamment évasifs pour laisser place à notre imagination pour les mettre en musique. Cependant, nous n’avons pas réussi à trouver un terrain d’entente qui convienne à la fois à nous et aux maisons d’éditions qui publient les œuvres de Beckett. Mais étant donné la place de plus en plus importante que prenait la musique dans le projet, ils nous a paru possible de se séparer de ces textes et de les remplacer. Les textes de Beckett nous ont permis de développer les mélodies et rythmes exploités par la voix mais il n’y avait pas forcément toujours de correspondance entre ce que la musique et ce que les textes signifiaient. »

Si Krapp vous plaît, vous pouvez les soutenir en achetant leur album sur leur page bandcamp. Un grand bravo à Kevin et Olga pour la réalisation de ce projet, et merci à Sam de me l’avoir fait découvrir.

26 oct

L’automne sans couleurs

L’automne succède-lumière à l’été indien. Dans le silence et la clarté, je suis partie reposer mon dos et ma réactivité, mis à l’épreuve de temps laborieux et nécessaires. Il n’y a que dans ma campagne où je m’autorise encore à fermer les yeux, filtrer le monde en noir et blanc, résolution minimale où le corps en veille respire sans avoir peur d’oublier ce qui n’est pas si important. Quelques jours sans autre cage que thoracique. Ici, je retrouve naturellement le familier. L’odeur du radiateur de la chambre qui n’a pas été allumé depuis mon dernier passage. Le bruit du bois des planches du vieil escalier qui grince sous mes pas. Et sous mes doigts, les travaux de dentelles de mon arrière-grand mère Alice qui couvrent à présent le lit dans lequel j’aime savourer les orages d’été et les tempêtes hivernales. Nous n’y sommes pas encore. Le nez dans un livre, mon attention fut volée par un papillon marron aux motifs rouges qui battait des ailes contre ma fenêtre côté chambre. Je lui ai ouvert le passage vers une liberté, l’air frais et d’autres odeurs. Il s’y est engouffré sans demander son reste. Je l’ai vu voler, puis, à peine quelques mètres plus loin, redescendre prudemment. Au sol, il s’était arrêté sur les cailloux devant la maison. Tout près de lui, pourtant, une belle herbe que je devinais encore verte, des arbres pas tout à fait nus, et le ciel illimité. Je l’ai observé encore un peu, en lui faisant les gros yeux derrière la fenêtre comme pour l’inciter à redémarrer sa course. Lassée plus rapidement que lui, j’ai regagné mon livre. Quelques pages plus loin, un coup d’œil : il avait disparu. Des gris cailloux à l’herbe verte, et plus loin le ciel bleu, le papillon marron aux motifs rouges est parti vivre dans ce bel automne au calme sans couleurs.

23 sept

Une mémoire soeur jumelle de l’imagination.

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L’écriture de soi, pratique compliquée. Parfois utile, voire thérapeutique. Parfois expérimentale, ou juste pour jouer. Elle est l’objet d’une partie de mes recherches depuis quelques années, et pourtant… J’étais passée à côté d’Henri Desroche.

Sociologue français (1914/1994), Henri Desroche a centré l’essentiel de ses études autour du coopérativisme. Sujet qui m’intéresse particulièrement, puisque c’est dans le cadre d’une coopérative d’activités et d’emplois que je développe actuellement mes activités artistiques. Dans ce cadre socioprofessionnel précis, Henri Desroche a mis en place une méthode pour faciliter les collaborations, qui passe par une étape d’écriture de soi.

Selon Desroches, chacun porte en lui son projet secret d’entreprendre. Pour le comprendre, le sociologue propose une exercice autobiographique. Cela se passe d’abord en un entretien, où le « sujet » raconte les étapes de sa vie (expérience formelle, informelle, activités socioculturelles, emplois…) à une autre personne qui l’écoute et prend des notes pour lui. Une fois l’entretien terminé, des fils rouges, conducteurs, se dessinent, précisent ses projets et expliquent le cheminement qu’il a parcouru. L’idée est d’écrire un texte de présentation à partir de cet exercice : c’est ce qu’il l’appelle l’autobiographie raisonnée.

Desroches parle très justement d’une « mémoire soeur jumelle de l’imagination ». Nous créons toujours avec ce que nous avons vécu. Mais pourquoi écrire une autobiographie raisonnée ? Dans le cadre d’une coopération, cela permet de devenir lisible aux yeux des autres, et d’installer alors un rapport de confiance. Lors de l’entretien, il est très intéressant d’échanger des rôles… Je me raconte, tu te racontes. Mais Stéphane Bossuet, qui est à l’origine de la coopérative Artenréel dont je fais partie, en parle mieux que moi :

« L’autobiographie raisonnée tout en gardant le fil de son imaginaire et de ses rêveries (à la coopération ?) doit permettre l’expression de son talent en se réconciliant avec son histoire. Tout récit nécessite un cadre imaginaire ; mise en scène libre de ce que la personne a vécu, ressenti, pensé à propos de son parcours, c’est aussi l’assurance d’une confirmation : être capable de se commenter. Par le passage à l’écriture de son autobiographie raisonnée, l’acteur raconte aux autres ce qui a du sens pour lui. C’est le point de départ d’une écriture libre d’auteur, avec un contenu et une forme autonome et personnelle. Ni vérité documentaire, ni complaisance narcissique, on cherche avant tout à se situer. Il s’agit en réalité de faire, par l’autobiographie raisonnée, une analyse systémique de soi-même dans une socio culture collective. Les « autres » sont la condition de la réalisation de soi, ils sont les obstacles auxquels il est indispensable de s’affronter : l’écriture de soi ne vaut que si l’on met en partage ses expériences, ses souffrances, ses espoirs. Une manière de faire ses gammes avant de passer aux choses sérieuses : sur le plan collectif, la construction d’un devenir commun, un projet « coopératif ». »

14 sept

Seeing you – Lorena Morin

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J’écrivais donc, c’est la rentrée pour la culture. Et entre autres choses : les expositions reprennent, notamment dans la petite galerie de grande qualité située rue Kageneck à Strasbourg, Stimultania. La saison démarre fort, avec la présence des images touchantes et intimes de Lorena Morin, photographe espagnole de 38 ans.

© Lorena Morin

Avant d’y emmener mes yeux, j’avais entendu dire que les clichés étaient dérangeants et parfois crus. Lorena Morin travaille sur les thématiques de l’intime, de l’autobiographie, notamment à travers la capture d’instants partagés au sein de sa petite famille. Sur place, j’ai découvert des photographies transpercées d’une belle tendresse. Ce qui en devient presque envahissant n’est pas à mes yeux la nudité, mais la très forte confiance qui circule entre Lorena Morin et sa famille, qu’ils semblent confier aux visiteurs de l’exposition. Difficile d’y échapper, je n’ai eu aucune envie de réprimer mes sourires.

J’aurais pu me demander pourquoi faire preuve d’autant d’impudeur, mais face à une telle simplicité, ces questions aurait été de trop. J’ai trouvé les clichés d’une grande qualité… et surtout d’une justesse très pertinente. À l’heure où beaucoup s’amusent à ajouter des filtres vintage sur leurs photographies numériques, je vous conseille d’aller jeter un œil au travail de Lorena Morin qui maîtrise l’art de ne pas contrôler le spontané.

Le site internet de l’artiste : lorenamorin.com
Exposition Seeing you à voir à la Galerie Stimultania du 9 septembre au 13 novembre 2011, au 33 rue Kageneck (Strasbourg), plus d’infos sur stimultania.org

Reportage vidéo de France 3/Culturebox :

07 sept

Écrire en ligne.

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En poursuivant mes recherches pour l’écriture du roman, j’ai effectué quelques expériences d’écriture en ligne. Chacun derrière son écran, les mots dans les doigts sur le clavier. Une autre façon de communiquer, un autre moyen d’écrire à plusieurs. Certains logiciels de messagerie instantanées permettent d’improviser un texte de manière efficace et amusante.

C’est ainsi qu’un soir, Fred et moi avons testé notre compatibilité textuelle et nos capacités d’associations d’idées. Impossible de prévoir la suite, on pense à une idée, l’autre n’a pas la même, fait tomber notre narration par un croche-mots (et parfois même en le faisant exprès).

On ne peut pas revenir en arrière, effacer un verbe pour en mettre un autre. Rendre les choses cohérentes. Et puis, se poser comme contrainte la vitesse peut donner des résultats intéressants, également. J’espère poursuivre ce genre d’expériences, et je me demande aussi si je ne vais pas intégrer ce genre d’exercices aux ateliers d’écritures créatives liés aux nouvelles technologies de communication que je prépare actuellement…

Pour finir, voici le texte créé ce soir-là, sans retouches :

: Je suis un pilier rouge.
: Dressé vers ton ciel.
: Lorsque les ciels auront disparu, qui s’en souviendra ?
: Le reste de mon corps, abîmé, laissé ici, à désirer.
: Bientôt, je vagabonderai dans mes cimetières.
: Déterrer mes souvenirs et prendre racine.
: Ce n’est que de la fatigue.
: Que fais-tu des douleurs ?
: Un effort de volonté, ce n’est rien.
: L’heure tourne, ce n’est plus de son ressort.
: … plus haut, les jambes, plus haut !
: Je suis sur les rotules, lui en moi.
: Tout votre corps doit exprimer la grâce.
: J’amen-nuise tes poussières.
: Tu as perdu trop de sang, pendant l’hémorragie.
: Tu es resté, tu as tout vu, tout ressenti.
: … ont conclu à son décès par déduction de l’annonce du fait que la seule…
: Ils n’ont rien tenté, c’était sans doute trop tard.
: … sont prévus pour résister à une pression de…
: Mon coeur n’a pas lâché, il s’est fissuré.
: … mais ils ont déjà été remis en liberté.
: Où suis-je ?
: Un problème cardiaque.
: L’explosion, je m’en rappelle.
: … dans la nuit de vendredi à samedi, il était en possession de…
: Je ne veux plus jamais te revoir.
: … ayant requis l’anonymat…
: J’ai éteint la radio.
: Couleur télé calée sur un éme »eur hors service.
: Je te cherche, je n’arrête pas de marcher, je trébuche.
: J’ai oublié le code.
: Un hématome en haut de la cuisse gauche.
: Quelle est la ligne idéale ?
: Embrasse-moi.
: Je n’ai plus d’instruments.
: Je ferme les yeux.
: J’ouvre les siens.
: Tu es revenu !
: Le trait s’amincit.
: C’est un virtuose du silence.
: Je n’ai jamais eu aucun talent.
: S’il m’effleure, je tombe.
: Avec tes yeux.
: Je suis frigorifiée.
: Avec ta mort.
: Avec ma mort.

04 sept

Ouvrez les rideaux !

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Septembre. Autour de moi, on s’affaire. On range, on trie, on ordonne. Il paraît que c’est la rentrée. Certains préparent leurs affaires pour rejoindre à nouveau les études, d’autres ronchonnent parce que les vacances sont terminées. Ici, je me suis contentée d’élargir mon espace de travail, mon petit atelier est plus fonctionnel, aéré, adapté. Sur mon bureau, sous un grand velux avec vue vers le ciel, j’étale mes activités avec un certain appétit, intégrées depuis juin à la coopérative Artenréel.

Le mois de septembre, je l’appréhende avec grand enthousiasme : c’est le moment de regarder les programmes des spectacles à venir dans l’année les yeux grands ouverts. Et cette année, je suis gâtée. Je n’ai pas encore tout épluché, mais j’ai pu constater que certains de mes favoris étaient au rendez-vous.

Au Théâtre du Maillon, cette année, nous pourrons retrouver la compagnie belge de danse contemportaine Ultima Vez. Tout bientôt, en octobre. Je trépigne d’impatience ! Pour cette nouvelle création, le fascinant Wim Vandekeybus revisite l’Œdipe de Sophocle, adapté par Jan Decorte pour parler aux corps (et sonner flamand, accessoirement). Je suis véritablement enchantée que la Ultima Vez se lance dans quelque chose de plus théâtral, l’expérience risque d’être fascinante.

Je vous invite à visionner le clip concocté par la compagnie pour présenter cette nouvelle création, Œdipus / Bêt noir :

Cerise sur le plateau, le Maillon profite de la venue du danseur et chorégraphe flamand pour proposer un atelier d’initiation au langage dansé de Wim Vandekeybus. Une immersion parfaite. Pour patienter, je revisionne des extraits de nieuwZwart, la précédente création de la Cie Ultima Vez, que j’avais eu la chance de voir au Maillon en 2009 : une sensualité parfois violente, une beauté qui touchait à l’animal, le tout orchestré par cette extraordinaire musique de Mauro Pawlowski (du groupe dEUS).

Si vous ne connaissiez pas encore mon amour de la Belgique et de sa très riche scène artistique, c’est maintenant chose faite.